Les corticostéroïdes, tels que la Prednisolone ou la Dexaméthasone, sont de puissants agents anti-inflammatoires fréquemment prescrits pour la gestion des blessures aiguës, des poussées auto-immunes ou des réactions allergiques sévères. Bien que leur utilité médicale soit indéniable, ils présentent des obstacles physiologiques importants pour les athlètes. Au-delà de la préoccupation médicale principale, ces substances peuvent perturber l'homéostasie métabolique, entraînant des modifications de la composition corporelle qui menacent le rapport puissance/poids et l'efficacité cardiovasculaire d'un athlète.
Gérer efficacement une cure de corticostéroïdes nécessite une approche à multiples facettes axée sur la dynamique des fluides, la régulation de l'appétit et la préservation métabolique.
1. Atténuation de la rétention d'eau et équilibre osmotique
L'un des effets secondaires les plus immédiats de l'utilisation de corticostéroïdes est le "visage de lune" ou l'œdème périphérique causé par la rétention de sodium et l'excrétion de potassium. Pour un athlète, un excès de poids d'eau augmente le coût énergétique du mouvement et peut entraîner une hypertension.
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Ratio Sodium-Potassium : Étant donné que les corticostéroïdes incitent les reins à retenir le sodium, les athlètes doivent limiter strictement les sels transformés. Inversement, augmenter la consommation d'aliments riches en potassium (tels que les épinards, les avocats et les haricots blancs) peut aider à éliminer l'excès de liquide grâce au mécanisme de la pompe sodium-potassium.
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Cohérence de l'hydratation : C'est une idée fausse courante de réduire l'apport en eau pour lutter contre le "poids de l'eau". En réalité, une hydratation constante est nécessaire pour aider les reins à traiter le médicament et à maintenir l'équilibre électrolytique.
2. Changements métaboliques et contrôle glycémique
Les corticostéroïdes sont des "glucocorticoïdes", ce qui signifie qu'ils influencent le métabolisme du glucose. Ils favorisent la gluconéogenèse (la dégradation des protéines en glucose) et diminuent la sensibilité à l'insuline. Cela crée un état de "pseudo-diabète" où la glycémie reste élevée, ce qui rend le stockage des graisses plus probable, en particulier dans les régions viscérales et du haut du dos.
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Priorité aux protéines maigres : Pour contrer la nature catabolique (fonte musculaire) de ces médicaments, les athlètes doivent augmenter leur apport en protéines. Cela sert un double objectif : il fournit les acides aminés nécessaires pour protéger le tissu musculaire et augmente la satiété pour gérer la faim induite par le médicament.
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Volumisation fibreuse : Les corticostéroïdes déclenchent souvent une faim intense et non homéostatique. L'utilisation de "l'alimentation volumique" - consommer de grandes quantités de légumes à faible teneur en calories et riches en fibres - étire la paroi de l'estomac pour signaler la satiété sans augmenter considérablement la charge calorique.
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Timing des glucides : Les sucres simples doivent être évités pour prévenir les pics d'insuline. Les glucides complexes doivent être programmés strictement autour des séances d'entraînement pour s'assurer qu'ils sont utilisés pour reconstituer le glycogène plutôt que pour le stockage adipeux.
3. Préservation de la masse maigre et de la densité osseuse
L'utilisation prolongée ou à forte dose de corticostéroïdes peut entraîner une réduction de la densité minérale osseuse et une atrophie musculaire. Pour ceux qui pratiquent des sports à fort impact, cela augmente le risque de fractures de stress et de lésions tendineuses.
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Entraînement en résistance : Bien que la pliométrie à haute intensité puisse être risquée lors d'une poussée, un entraînement en résistance constant est essentiel. L'exercice de mise en charge fournit la tension mécanique nécessaire pour signaler au corps de maintenir la densité osseuse et les fibres musculaires malgré l'environnement catabolique créé par le médicament.
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Soutien en micronutriments : Un supplément de calcium et de vitamine D3 est souvent recommandé pendant les cures de corticostéroïdes pour fournir les matières premières nécessaires à l'entretien du squelette.
4. Le rôle de la NEAT et de la récupération
Les corticostéroïdes peuvent interférer avec les habitudes de sommeil et augmenter l'agitation systémique ou les "nervosités". Les athlètes devraient en tirer parti en augmentant la thermogenèse d'activité non liée à l'exercice (NEAT).
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Récupération active : Augmenter les mouvements de faible intensité, comme la marche ou le travail de mobilité, aide à brûler l'excès de glucose produit par le foie sous l'influence du médicament sans ajouter le stress systémique d'une deuxième séance d'entraînement de haute intensité.
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Surveillance des marqueurs sanguins : Les athlètes doivent travailler en étroite collaboration avec des professionnels de la santé pour surveiller la glycémie, la tension artérielle et les enzymes hépatiques, car les corticostéroïdes peuvent masquer les symptômes de surentraînement ou de problèmes inflammatoires sous-jacents.
Résumé de la stratégie nutritionnelle pour l'athlète sous médication
| Domaine d'intervention | Stratégie | Objectif |
| Électrolytes | Faible teneur en sodium / Teneur élevée en potassium | Réduire l'œdème (poids de l'eau) |
| Macronutriments | Riche en protéines / Faible en glucides simples | Préservation musculaire et perte de graisse |
| Choix alimentaires | Volume élevé (légumes verts/fibres) | Suppression de l'appétit |
| Activité | Entraînement en résistance + NEAT élevée | Densité osseuse et dépense calorique |

